Fondation Arabe pour l'Image: Une Sélection du Musée Nicéphore Nièpce

Curated by François Cheval
Institut Français, Beirut, Lebanon
2001/06/01  -  2001/07/01

The history of photography in the Middle East is no longer limited to a few great names: Le Gray, Frith, Beato, Salzmann etc.
Thanks to the Arab Image Foundation, our view of the Middle East has changed.
The history of images and the history through images can be written, from now on, in Arabic.

The discovery of local workshops in Alexandria, Aleppo, Saida and Tripoli renews the apprehension we had on the production of images in the Middle East. The portraits and landscapes constitute a compact and coherent set, a universe of identity signs, a special qualification of the perceptible. Every single image among the Foundation's collection is simultaneously a document, a family archive, a proof, a cadastral element, a serial unit and intimate figures. Such a collection, created with the aim of preserving, would have been ideal to found a museum. Fortunately, this is not the intention of the Foundation's actors. It's rather stock photography in the service of the media, researchers and cultural institutions. The fund is permanently subject to study, and most importantly, to reconstruction. This reconstruction enterprise aims at building bridges between generations, finding the missing link between the Ottoman Empire and the contemporary and contradictory Middle East. The Foundation is a substantial link in the constantly renewed definition of belonging to a certain territory. Through its actions, events and publications where poetry takes precedence over demonstration, the Arab Image Foundation invents a different way of dealing with image.


Exhibition Itinerary:

Séminaire sur la Photographie

La photographie dans le monde Arabe: histoire, conservation et pratique contemporaine.
3-4 juin 2002, Salle de conférence, Mission Culturelle Française – Rue de Damas, Beyrouth-Liban

 

Le Moyen-Orient n’est pas dépourvu d’une culture de l’image photographique : il ne rejette pas non plus les images. Et, que l’on soit obligé d’édicter de telles propositions en dit long encore sur le travail à effectuer en vue d’une reconnaissance des initiatives privées et publiques multiples. Des collections d’ampleur se sont constituées au Qatar, au Liban. Elles inaugurent les futurs musées consacrés à la photographie dans cette zone. Des instituts (Institut d’Etudes Palestiniennes), des fondations (Fondation Arabe pour l’Image), des organismes publics (Direction des Antiquités et des Musées syriens, le State Board of Antiquities and Heritage de Bagdad) conservent, numérisent et investissent dans la formation de personnels qualifiés.

Ce mouvement de fond intervient dans une période de redéfinition générale du statut des images au Proche-Orient. Contre l’idée cent fois répétée d’un quelconque interdit « oriental » de la figure, la nature croisée de constitutions de collections et l’explosion d’expositions de toute nature (reportage, art contemporain, etc.) montrent un intérêt croissant pour la question et un renouvellement de cette dernière. Ces regards intérieurs, qui ne craignent pas ou ne refusent pas les regards extérieurs, sont confrontés désormais aux problèmes techniques du stockage, de la monstration, de la diffusion, de la pédagogie.

Il est temps de reconsidérer aujourd’hui, à la lueur du travail engagé, l’histoire de la photographie orientale. La photographie des pionniers occidentaux est-elle réductible à la seule catégorie de l’ « exotisme »? Les excursions daguerriennes (1839), le corpus de Bonfils (huit variantes des « Souvenirs d’Orient » en 1878), l’entreprise de Paul Sebah, ces quelques exemples disent au contraire la complexité du sujet. L’accomplissement du « Grand Tour », voyage romantique qui conduit d’Alexandrie à Constantinople par la Haute-Egypte, le Sinaï, Jérusalem, la Syrie et le Liban (itinéraire idéal fixé par Flaubert et Du Camp en 1849-1850) se réalise dans le cadre des relations subtiles que l’état ottoman entretient avec l’Occident.

En premier lieu, les pionniers confient à l’Orient le statut originel de « la Civilisation ». Contre l’Empire Ottoman, « décadent », « l’homme malade de l’Europe », la photographie se doit de reconstruire, dans l’intérêt de la vérité, les traces du berceau de la civilisation occidentale.

Et, il ne fait aucun doute que le sujet même de Bonfils père (fondation de l’atelier à Beyrouth en 1867) est, commercialement, d’attester du caractère sacré d’une terre débarrassée de ses habitants. Dans la tradition du keepsake, de la gravure et du dessin d’architecture, la photographie des origines participe à l’œuvre encyclopédique annoncée par Bonaparte en Egypte avec l’aide précieuse de Denon. Greene, Teynard, Vignes font du calotype non seulement les premières œuvres photographiques réalisées au Moyen-Orient, mais les premiers chef-d’œuvres de la photographie. Les albums du Duc de Luynes, sommes érudites, explorent les nouveaux procédés photographiques. Le Moyen-Orient, plus que d’autres contrées, ne se résume pas à l’expansion coloniale (Suez, 1869), à la controverse archéologique, mais s’avère un terrain privilégié de l’expérimentation photographique.

Si l’exhibition perverse des Lehnert et Landrock s’oppose au style documentaire des Hammerschmidt, Frieth et Beato, toutes ces propositions répondent au grand besoin du XIXème siècle de diffuser, de vulgariser pour le monde occidental.

La pénétration de la photographie dans ces contrées correspond à une volonté politique des activités occidentales à l’étranger menées par le biais des « Missions scientifiques et artistiques ».

Mais par un subtil retournement, La « Sublime Porte » ne dédaigne pas la photographie et en fait, à l’imitation des états modernes, un outil de connaissance de ses sujets, s’opposant en cela aux « échantillons de race » et aux types de la photographie ethnographique européenne.

Le rachat des fonds des pionniers et la constitution des ateliers locaux par les arméniens et les chrétiens orientaux constituent ce que l’on peut caractériser comme le second moment de la photographie au Moyen-Orient. Les monographies détaillées se font rares. Il se dégage cependant des ensembles consultés une double stratégie commerciale et politique. L’image s’identifie à la demande: souvenirs pour pélerins et commerçants, la carte postale exotique s’impose.

Et le mérite revient à la Fondation Arabe pour l’Image d’avoir su clarifier la période suivante (1920 aux années 1960) qui voit la prolifération des studios et la production amateur et professionnelle se munir d’un langage esthétique et documentaire à usage interne.

Ainsi donc l’histoire de la photographie au Moyen-Orient reste à écrire, mais ces dix dernières années ont attesté la validité du sujet (voir les travaux de Bustarret, Aubenas) et l’ampleur des investigations à mener: combien de daguerréotypes disparus et non répertoriés, de monographies en suspens.

Une réflexion de ce type n’a pas que des conséquences universitaires et muséographiques. L’Orient n’est pas à l’écart de la domination de l’image-marchandise et son foisonnement protéiforme (télévisions locales, internet, images publicitaires), s’il offre des débouchés professionnels, inscrit désormais toute production photographique dans le cadre de la banalisation marchande.

Le séminaire a pour ultime finalité de réunir les principaux protagonistes qui ont à diverses occasions émis le vœu d’une telle rencontre. Ouvert à l’ensemble des praticiens et chercheurs, aux décideurs locaux, et aux chercheurs occidentaux spécialistes de la question, le séminaire entreprendrait durant deux jours de créer les liens nécessaires au renforcement des pratiques locales, de susciter des convergences et d’encourager de nouvelles initiatives.


Programme:

- Lundi 3 juin 2002
(9h – 12h30): Renouveler notre connaissance du Proche-Orient.
Un état des lieux du patrimoine ou une nouvelle manière d’envisager l’histoire de la photographie au Proche-Orient. 

(14h – 17h): Les techniques de conservation ou la confrontation aux modèles.
La question du musée de la photographie dans le monde arabe ou tout simplement quelles collections pour cette zone: les conditions spécifiques du Moyen-Orient et les solutions de conservation rationnelle des collections. 

- Mardi 4 juin 2002
(9h – 12h30): Pratiques contemporaines de l’image dans le monde arabe.

 

Intervenants:
Zeina Arida: Directrice de la Fondation Arabe pour l’Image – Beyrouth, Liban
Sylvie Aubenas: Responsable des collections de photographies du 19ème siècle à la Bibliothèque Nationale de France
Anna Czajka: Responsable de la restauration aux Archives Nationales – Beyrouth, Liban
Thierry Gervais: Historien universitaire à la Société Française de Photographie
Alma Kardous: Documentaliste à l’IFAPO – Damas, Syrie
Jean-Luc Moulène: Photographe plasticien
Serge Plantureux: Libraire et marchand de photographies
Randa Shaath: Photographe – Le Caire, Egypte
Akram Zaatari: Vidéaste et membre fondateur de la Fondation Arabe pour l’Image
Mohammed Zahabi: Responsable du traitement de l’image à l’IFEAD – Damas, Syrie

 

 

 

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